Testing à l’embauche : comment les pratiques deviennent de la discrimination à l'embauche ?

discriminations à l'embauche- RH

Le gouvernement va lancer une campagne de testing à l’embauche en France. L’objectif ? « Prendre en faute » les employeurs ayant des pratiques discriminatoires. Dans ce cadre, Robert Half revient sur les enjeux de la diversité dans l’entreprise et tout particulièrement lors du processus de recrutement.

Entre la loi, les critères de discrimination et les préjugés naturels, les lignes ne sont pas toujours évidentes à tracer. Décryptage ! 

Un des exemples rapportés par le gouvernement justifiant cette opération est que les hommes supposés de culture musulmane sont quatre fois moins susceptibles de décrocher un entretien d’embauche que ceux supposés de culture catholique. Pourtant, les pratiques discriminatoires peuvent être plus larges : elles peuvent toucher les femmes, les personnes handicapées, les seniors, les jeunes, l’origine sociale…
En tout cas, les statistiques sont là. Une étude de l’Institut Montaigne montre ainsi que, à compétences égales et de nationalité française, leurs candidatures ne vont pas recevoir le même accueil.

Pour décrocher un entretien d’embauche, « Michel » a besoin d’envoyer 5 CV, Nathalie 4, Dov 7, Esther 5, Samira 6 et Mohammed 20. Cette différence de traitement est analysée par l’Institut Montaigne comme relevant effectivement d’une « discrimination à l’embauche ».

Que dit la loi ?

D’après la loi du 27 mai 2008, une discrimination est constituée lorsqu’en fonction de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation ou identité sexuelle, son sexe ou son lieu de résidence, une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable. En conséquence, toute décision de l’employeur doit être prise en fonction de critères professionnels et non sur des considérations d’ordre personnel, fondées sur des éléments extérieurs au travail.

Le poids des préjugés

Doctorante à l’Université de Bourgogne, Sandrine Schoenenberger explique lors d’une intervention à l’EM Strasbourg que « les rencontres entre êtres humains sont régies par trois composantes : une composante affective, le préjugé ; une composante cognitive, le stéréotype ; et une composante active, la discrimination ». En d’autres termes, tout le monde a des préjugés et les recruteurs, même s’ils sont formés et régulièrement sensibilisés sur le sujet de la diversité, peuvent en avoir aussi.

Dès lors, il est nécessaire d’identifier ces préjugés pour s’en débarrasser. Si des stéréotypes sont utiles pour parvenir à bien comprendre le monde qui nous entoure, ceux-ci ne doivent pas se transformer en préjugés et aboutir à des actes discriminatoires.

discrimination à l'embauche

Comment éviter la discrimination ?

Afin de lutter contre cette tendance, il s’agit pour le recruteur de se centrer sur l'individu, sur ses valeurs et ses qualités intrinsèques. Ainsi, l’employeur doit faire reposer l’ensemble des critères de recrutement sur l’évaluation des compétences du candidat. Par exemple, face à un opérationnel créatif, l’objectif est de solliciter le candidat sur les situations où celui-ci a fait preuve de créativité. En conséquence, les formats de question doivent être scrupuleusement travaillés. Il s’agit de ne pas s’intéresser de trop près aux éléments relevant de la sphère personnelle. Par exemple, les hobbies pourraient constituer une pente glissante et aboutir à certains clichés.

Pourquoi cette opération de testing ?

La campagne du gouvernement va résider dans des simulations de situations réelles pour identifier de possibles pratiques discriminatoires. Un des objectifs affichés est d’identifier des pratiques qui représentent un véritable « coût pour les jeunes », notamment lorsqu’ils sont issus de quartiers difficiles.

Les 23 critères de discrimination

  • Critères conventionnels : l'orientation sexuelle, l'identité sexuelle, les mœurs, les opinions politiques, les convictions religieuses, les activités syndicales, l'apparence physique,le lieu de résidence
  • Critères de santé : l'état de grossesse, le handicap, l'état de santé, les caractéristiques génétiques, l'âge, la perte d'autonomie.
  • Critères d'état : le sexe, l'origine, le patronyme, la situation familiale, l'appartenance vraie ou supposée à une ethnie, l'appartenance vraie ou supposée à une nation, l'appartenance vraie ou supposée à une race, la capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, la particulière vulnérabilité de la personne résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur.

 

 

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