Pourquoi la santé mentale des salariés est si importante en ce moment – et ce que peuvent faire les managers

Par Robert Half on 07/10/2020

Le stress permanent représente depuis longtemps une entrave au bien-être en entreprise, surtout quand il conduit à l’épuisement, à une indifférence accrue face au travail et à une réduction de l’efficacité. D’après une récente étude internationale menée par Robert Half auprès de 1 500 cadres dirigeants , 37 % des employeurs sont conscients que leurs salariés gèrent de lourdes charges de travail et sont au bord du burnout à cause de la pandémie de COVID-19. Pour aider leurs salariés, 42 % des entreprises interrogées ont commencé à proposer des ressources de soutien psychologique, et 32 % des programmes de bien-être global. 

L’anxiété et l’incertitude générées par la pandémie en cours nuisent évidemment au bien-être psychologique de nombreux managers et salariés. Les nouveaux facteurs de stress qui touchent les télétravailleurs incluent souvent une charge de travail plus importante en raison d’une réduction des effectifs, l’impossibilité d’interagir en personne avec ses collègues ainsi que le challenge consistant à s’occuper d’enfants ou de personnes âgées pendant les horaires de travail.

Pendant les premières semaines de la pandémie, Robert Half a aussi sondé ses salariés pour obtenir leur point de vue : 37 % d’entre eux affirment effectuer plus d’heures supplémentaires qu’avant la crise de COVID-19. Il est intéressant de noter que seulement 10 % des salariés ont le sentiment que la pandémie les a rapprochés de leurs collègues. Et ils sont encore moins nombreux (8 %) à se sentir plus proches de leur manager en raison de la crise sanitaire.

Il y a donc beaucoup de travail à faire pour préserver la santé mentale et le bien-être psychologique des salariés au cours de la crise que nous traversons. À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale qui aura lieu le 10 octobre, voici quelques suggestions qui permettront aux managers d’aider leur entreprise à faire face à la pandémie. Celles-ci incluent des idées de Nic Marks, un grand statisticien, expert en bien-être et fondateur de Friday Pulse basé à Londres.

1. Réfléchissez bien à la manière d’aborder les questions de bien-être et de santé mentale

La santé mentale a toujours été un sujet tabou en entreprise, notamment parce que certains considèrent qu’elle fait immédiatement penser à la maladie mentale. Et comme le dit Nic Marks, « personne n’a envie d’être considéré comme un “problème à résoudre”. »

Une autre raison pour laquelle on parle rarement de santé mentale en entreprise est que les employeurs ne la considèrent simplement pas comme relevant de leur responsabilité. Ils ne sont pas conscients de l’importance que revêt le bien-être de leurs salariés pour l’entreprise.

Pourtant, ce sujet est encore plus important depuis que la pandémie de COVID-19 a déclenché une crise économique et une transition au télétravail. Les managers prêts à avoir de saines discussions sur le bien-être des salariés ainsi qu’à offrir une oreille bienveillante à ceux qui ont du mal à gérer les nouveaux facteurs de stress, peuvent les aider à éviter le surmenage qui en est souvent la conséquence. En faisant preuve d’empathie, vous pouvez inciter vos salariés à venir vers vous pour vous parler de ce qu’ils traversent. En comprenant mieux les problèmes qu’ils rencontrent, vous serez plus à même de trouver des solutions. De nombreux managers ont récemment montré qu’ils étaient prêts à parler de leurs propres problèmes, quitte à paraître vulnérables, mais cette ouverture paye : davantage de salariés osent se confier quand ils se sentent compris et écoutés.

Les employeurs doivent prêter une attention particulière au fait que leurs meilleurs salariés peuvent être les plus enclins à subir un burnout. « Il est évident que le burnout touche surtout les gens impliqués dans leur travail », explique Nic Marks. « Comme ils ont la volonté de se dépasser, ils ont tendance à trop en faire et à se retrouver totalement débordés. Les gens qui ne sont pas intéressés par leur travail ne consentent pas ces efforts supplémentaires facultatifs susceptibles de les épuiser nerveusement. »

2. Communiquez 2 à 3 fois plus souvent

Comme l’indiquent les résultats de l’étude mentionnée ci-dessus, de nombreuses entreprises considèrent les programmes de santé mentale et de bien-être comme une priorité depuis l’émergence de la pandémie.

Selon Nic Marks, la plupart de ces programmes n’offrent toutefois pas de solution miracle. « De nombreux programmes dédiés au bien-être des salariés proposent surtout des solutions de développement personnel, par exemple des cours de méditation en pleine conscience ou un soutien psychologique par téléphone. Ces outils sont utiles et les entreprises ont raison de les utiliser, mais beaucoup de gens sous pression n’ont pas de temps à consacrer à ce type d’initiatives. »

C’est là que leurs managers ont un rôle à jouer. Votre outil le plus puissant pour réduire le stress et éviter le surmenage des salariés consiste à discuter régulièrement avec eux. Une communication efficace a toujours été une compétence de management clé, mais elle devient une responsabilité cruciale quand les salariés ne sont plus réunis physiquement dans un même lieu. Il est généralement conseillé de discuter en tête à tête ou avec de petits groupes d’salariés 2 à 3 fois plus souvent que vous ne le feriez au bureau.

« Nous recommandons aux entreprises de demander systématiquement à chaque collaborateur comment il se sent, par exemple une fois par semaine », ajoute Nic Marks. « Quand c’est fait à travers toute l’entreprise, il y a moins d’équipes mal encadrées car les scores sont rapidement visibles et les cadres dirigeants peuvent intervenir pour apporter un soutien ciblé là où c’est nécessaire. »

Quand vous parlez avec les membres de votre équipe, essayez de leur prêter une oreille attentive pour comprendre comment ils se sentent réellement et la manière dont ils gèrent les nouveaux facteurs de stress, par exemple la distanciation sociale, la réduction des possibilités de repos et de relaxation, mais aussi l’école à distance. Vos salariés peuvent également être stressés par le licenciement de leurs amis et membres de leur famille : cela peut rapidement faire naître en eux un sentiment d’insécurité professionnelle.

Bien sûr, vous devrez sans doute communiquer virtuellement. Recourez aux appels en visio dès que possible. Il est étonnamment thérapeutique pour les membres d’une équipe de se voir parler, élaborer des stratégies, sourire et rire quand la plupart des gens sont isolés.

Les salariés sont susceptibles d’attendre avec impatience ces brefs appels de groupe d’une quinzaine de minutes organisés chaque semaine en dehors des réunions de travail planifiées, mais veillez à limiter le nombre de participants. « Si ces réunions incluent plus de quatre ou cinq personnes, les plus introverties ne se sentiront pas assez à l’aise pour se confier », observe Nic Marks. Un trop grand nombre de participants à un appel visio peut favoriser les conversations annexes, ce qui nuit à la concentration et à la clarté des informations échangées.

3. Soulagez leur charge de travail

« Nos données indiquent que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée s’est considérablement détérioré chez nos clients », dit Nic Marks. « Avant la pandémie, le score moyen sur notre échelle de 0 à 100 était de 72, mais il a récemment chuté à 67. Et ces scores ne sont pas remontés depuis mars. Cela suggère qu’il s’agit plus d’un problème continu lié aux nouvelles méthodes de travail que d’un revers temporaire. »

Les déséquilibres entre vie professionnelle et vie personnelle sont souvent le reflet d’un stress accru, voire d’un burnout. Dans une étude menée en septembre 2020 par Robert Half aux États-Unis, nous avons interrogé les salariés qui se disent surmenés sur les raisons de leur épuisement, car il peut être utile aux managers de connaître les facteurs qui amènent les salariés à ce stade. Leur première réponse (30 %) était une charge de travail plus lourde. Elle se classe même devant l’incapacité de séparer le travail de la vie personnelle à cause du télétravail (19 %), ainsi que le fait de travailler avec moins de ressources et des budgets réduits (14 %). La réponse des employeurs sondés était encore plus parlante : les salariés qui gèrent de lourdes charges de travail et sont au bord du burnout représentent la première source d’inquiétude de 47 % des cadres dirigeants interrogés sur les défis qu’ils rencontrent en termes de rétention des talents.

Si les salariés ont une charge de travail trop importante, c’est au moins en partie lié aux réductions d’effectifs que les entreprises ont dû consentir pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie. Même si vous n’êtes actuellement pas en mesure de recruter, vous pouvez soulager un peu la pression subie par vos collaborateurs en recrutant des salariés intérimaires compétents qui les aideront à gérer la surcharge de travail ponctuelle. Vous pouvez aussi offrir plus de flexibilité à vos salariés à travers des horaires aménagés, c’est-à-dire en leur permettant de diviser leur journée de travail en plusieurs créneaux séparés par des pauses réservées à la vie personnelle.

La plupart de ces créneaux seraient vraisemblablement programmés pendant les horaires de travail habituels, mais d’autres peuvent être planifiés avant ou après si cela convient mieux à certains collaborateurs. De plus, encouragez les salariés à prendre les congés payés auxquels ils ont droit, même si les possibilités de voyager sont très limitées en ce moment : ils auront ainsi l’occasion de se détendre un peu, ce qui constitue le meilleur remède contre le stress et le surmenage.

4. Comment les managers peuvent compléter les programmes de bien-être :

• Comprenez que votre implication est indispensable.
• Planifiez de brefs appels en visio avec votre équipe chaque semaine, juste pour voir comment les salariés gèrent les nouvelles méthodes de travail et autres pressions.
• Réfléchissez à des idées pour réduire le stress et le risque de surmenage.
• Faites preuve d’empathie : comment votre équipe se sent-elle et comment gère-t-elle les nouveaux facteurs de stress ?
• Organisez fréquemment des appels personnels en visio avec chaque membre de l’équipe.
• Recrutez des salariés en CDD ou intérim compétents pour faire face à la sur-activité.
• Proposez des horaires aménagés.
• Encouragez vos collaborateurs à prendre leurs congés payés.

Vos efforts pour créer une ambiance de travail favorable au bien-être mental seront bénéfiques non seulement pour vos salariés, mais aussi pour votre entreprise. Nic Marks estime que les entreprises qui le font peuvent obtenir un retour cinq fois supérieur à leur investissement. « Le secret consiste à investir du temps et des efforts, pas seulement de l’argent », précise-t-il.

Pour plus de conseils sur l’impact actuel de la pandémie de COVID-19 et le télétravail, continuez à explorer notre blog.

[1] Robert Half a mené une enquête auprès de 1 502 professionnels à l’aide d’une méthodologie de collecte de données en ligne au cours du mois de juillet 2020. Celle-ci comprenait 300 répondants en Belgique, 300 au Brésil, 301 en France, 300 en Allemagne et 301 au Royaume-Uni. Les personnes sondées incluaient des directeurs généraux, des directeurs financiers et des directeurs informatiques possédant des responsabilités de recrutement au sein de petites entreprises (50 à 249 salariés), de moyennes entreprises (250 à 499 salariés) et de grandes entreprises (plus de 500 salariés) du secteur privé, public ou cotées en bourse dans ces cinq pays.

[2] Réalisée entre le 6 mai et le 12 juin 2020, cette étude en ligne de Robert Half incluait les réponses de plus de 1 000 salariés âgés dau moins 18 ans travaillant généralement dans des bureaux au Royaume-Uni, en France, en Belgique, en Autriche, en Suisse, aux Émirats Arabes Unis, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Allemagne.

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