Inégalités de genre au travail : quels comportements et mesures adopter pour les réduire ?

dim, 11/06/2016

Les femmes françaises sont appelées à se mettre en grève par le collectif Les Glorieuses afin de protester contre les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes en France. A cette heure précise, les femmes auront travaillé le même nombre de jours ouvrés qu'un homme à salaire égal. Robert Half, cabinet de recrutement international, a interrogé 200 DRH Français dans le cadre d’une enquête** afin de savoir quelles pourraient être les actions à mettre en place pour réduire les inégalités de genre au travail. 

Une mesure prioritaire : pratiquer la transparence salariale

Selon l’enquête publiée par l’Insee en février 2016 (données 2013), les hommes continuent d’être mieux payés que les femmes, avec un écart de salaires de 19% toutes catégories confondues, et de moins de 10% à secteur d'activité, âge, catégorie socioprofessionnelle et condition d'emploi «équivalentes ».

Pour lutter contre ces inégalités au sein d’une entreprise :

  •  39% des DRH Français interrogés préconisent de mettre en place une pratique de transparence salariale. Cette mesure est primordiale aux yeux des DRH car elle simplifie l’identification des disparités et offre une base de dialogue entre employeurs et salariés. Elle pourrait renforcer la maxime « à travail égal, salaire égal. »
  • Le contrôle des promotions et des augmentations de salaire vient dans un second temps avec 25% de réponse, suivi de la mise en place d’un système de promotions assorties d’augmentations salariales fixes à 24%.
  • Les audits salariaux arrivent quant à eux en quatrième position avec 23% de citation.
  • Une autre idée, évoquée par 19% des répondants, se rapproche de la transparence salariale : discuter ouvertement de la fixation des salaires, des augmentations salariales et des primes au sein de l’entreprise.
  • Enfin, la suppression des négociations de salaires à la prise de fonction arrive en queue de peloton avec 13%.
  • A noter que 15%  des interrogés estiment qu’il n’existe pas d’écart salarial homme-femme pour des fonctions identiques

Les femmes plus attentistes que les hommes

Il est dit que « les femmes ne se sentiraient pas légitimes dans leur fonction et penseraient ne pas avoir les compétences requises. ». Dans les faits : elles réclameraient moins quand les hommes sont plus revendicatifs en matière salariale.

Ainsi, lorsque l’on demande ce que peuvent faire les femmes pour réduire les inégalités de genre au travail, les trois premières réponses citées par les DRH sont :

  • être plus affirmées lors des négociations de salaire (à 39%)
  • communiquer de manière plus directe (39%)
  • faire mieux connaître leurs réalisations au sein de l’entreprise (37%).

Arrivent ensuite : acquérir de nouvelles compétences grâce aux programmes de formation et de développement professionnel (31%), se profiler plus clairement pour une promotion (23%) ou encore élargir leur réseau interne et externe (19%).

Les DRH Français pensent donc que les femmes n’osent pas assez : négocier à la hausse un salaire, mettre en avant leurs succès ou encore faire des demandes à leur management (comme une promotion par exemple).

«En réalité, il y a peu de disparités salariales hommes-femmes au commencement de la vie professionnelle. Les écarts de salaires ont tendance à surgir ou s’installer au cours du temps. Plusieurs raisons peuvent être évoquées. D’une part, les femmes semblent naturellement moins offensives, elles jouent moins des coudes pour obtenir une promotion et souhaitent avant tout l’obtenir au mérite. D’autre part, les congés maternité demeurent un facteur important de l’inégalité salariale homme-femme car ce sont des périodes où elles ne sont plus concernées par les vagues d’augmentations. Je préconise de ne pas oublier les femmes durant ces périodes, on doit récompenser le travail accompli avant l’arrêt.» commente Noémie Cicurel, Directrice Robert Half France Intérim et d’OfficeTeam 

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